The Cure, victimes de Wild Mood Swings ?

The Cure, « le remède ». Si c’est un remède à la morosité, le groupe semble ne l’avoir toujours pas trouvé, malgré près de quarante années de recherche. Ils resteront à jamais l’emblème du rock gothique et les meilleurs ambassadeurs du noir, malgré leur rejet constant de cette étiquette et des tubes synthpop acidulés. The Cure serait-il un groupe bipolaire ?

Je ne vous laisse pas dans le doute plus longtemps, la réponse pour moi est oui. Les sonorités du groupe ont toujours été en dents de scie, pour le plus grand plaisir des auditeurs Without Borders bien entendu. Car si l’on s’imagine sans doute les fans de The Cure aux allures gothiques voire emo, la discographie du groupe de Robert Smith fourmille de multiples sonorités. Robert Smith, le seul membre constant de la formation, est également le principal compositeur et chanteur, qui assume à lui seul toutes les sonorités et virages artistiques du groupe. A tel point qu’aujourd’hui, dire de The Cure qu’ils font du rock gothique est une erreur. Tout comme dire que c’est un groupe coldwave, ou new wave. Ils ont tapé dans tout ça, ils ont des titres gothiques, des titres coldwave, mais ça ne suffit pas à caractériser le groupe. Qu’on se le dise, d’ailleurs, Robert Smith n’aime pas le rock gothique, il trouve ça, je cite, « chiant et monotone ». Romain nous prouve d’ailleurs le contraire dans sa rubrique. Bref, The Cure sont inclassables.

Alors oui, au tout début, dire de The Cure qu’ils étaient un groupe de post-punk n’était pas une erreur. Tout était là, de la musique aux bonnes gueules d’anglais du Sussex un peu ingrats jusqu’aux chemises rouges à boutons noirs. Ce qui est d’ailleurs ironique, c’est qu’à la sortie de leur premier single, fin 1978, un journaliste notait la « joie de vivre rafraichissante » du groupe et questionnait sa durabilité après toute une série de concerts. Comme quoi, sans le savoir, ce journaliste allait très vite avoir raison.

Dès leur deuxième album, Seventeen Seconds, The Cure vire au morose, la preuve en est avec A Forest, que l’on écoutait avant le début de cette rubrique. S’ensuivent Faith et Pornography, deux albums toujours plus noirs, toujours plus sombres, où la souffrance et l’abattement sont les maitres mots.

Le groupe se pare alors de noir et adopte son image de marque : le maquillage que leur piquera plus tard Marilyn Manson (yeux fardés et rouge à lèvre carmin) ; le teint livide et la féminité des vampires de Twilight ; la coupe de cheveux qui inspira sans doute Tim Burton pour son Edward aux Mains d’Argent. Ils refusent désormais de jouer les morceaux de leur premier album en live, et Robert Smith quittera plusieurs fois la scène les larmes aux yeux.

Et puis quelques mois plus tard, The Cure sort les titres Let’s Go To Bed, puis The Walk, puis The Lovecats, style de rien.

Les fans de la première heure ont dû s’en taillader les poignées de voir leur groupe fétiche si heureux. En 1984, l’album The Top entre … dans le top, avec ses sonorités psychédéliques. C’est l’annonce d’un renouveau musical, et The Cure enchainera les albums, les sonorités, et les succès. Chaque nouvelle sortie est « l’album du renouveau », « l’album de la consécration ». Les mélodies synthpop côtoient les guitares tantôt acid, tantôt amères. La Curemania envahit l’Europe, l’Amérique du Nord, l’Océanie et partout, des petits Robert Smith poussent.

Il faudra 1989 pour voir à nouveau The Cure au bord du gouffre avec Disintegration, album culte pour tous les fans de la période gothique du groupe. Mais les années 80 se terminent, et avec elles l’apogée commerciale du groupe, malgré des apparitions sur la BO de The Crow, Judge Dredd ou encore X-Files. Après 4 ans de silence, ils sortent Violent Mood Swings (de violentes sautes d’humeur), un titre qui résume bien leurs sonorités, que j’ai d’ailleurs choisi comme titre de rubrique, mais un album qui ne satisfait personne, ni critique ni public, car trop éclectique, trop décousu, trop long.

Le groupe essaie de s’afficher partout, avec des concerts à gogo, des apparitions télé, des remixes, mais il devient passé de mode comme toute la décennie 80. Depuis, ce n’est que best-of, compils et boxsets de démos et raretés, tournées nostalgiques avec un album et un DVD live ici et là.

Un groupe dont on oublierait presque qu’il est toujours existant aujourd’hui, qui a été et restera à jamais « un groupe des années 80 », un emblème de cette génération, comme Pearl Jam ou Rage Against The Machine le sont aux années 90.

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2 réflexions sur “The Cure, victimes de Wild Mood Swings ?

  1. gorgonzilla dit :

    Du grand n’importe quoi…Tu dois parler de Wild mood swings qui suit Wish que tu as zappé…et puis comparer The Cure à Pearl Jam ou RATM…

    • Martin VBX dit :

      Bonjour,

      En aucun cas je ne compare The Cure à Pearl Jam ou RATM, musicalement du moins. Je dis simplement qu’ils ont marqué les 80’s comme Pearl Jam ou RATM ont marqué les 90’s. Tous les trois sont des groupes qui ont existé au-delà de leur décennie, mais qui n’en sont plus à leur apogée.

      Ensuite, je n’ai évidemment pas parlé de tous les albums du groupe. Pour rappel, cet article n’est que le compte-rendu écrit d’une rubrique radiophonique de moins de 10 minutes : il a forcément fallu faire des choix !

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