YACHT : la croisière s’amuse !

Informaticien démoniaque, amiral autoproclamé du laptop et autres chorégraphies sonores, Jona Bechtolt était un peu tout ça avant de poser bagages sur le Yacht. YACHT, son premier vrai projet abouti et cohérent. Embarquez sur un vaisseau déroutant.

Sous ce nom d’emblée conquérant défile une série d’albums à la technologie de haute précision. Tout commence en 2007. Après des années de plaisirs et d’effluves solitaires, plus ou moins précoces et maladroits, le jeune homme arrête de s’astiquer pour enfin vivre la jouissance épanouie avec la trépidante Claire L. Evans, une jolie muse aux origines françaises. Forcément.

Depuis 2009, la mise à quai du See Mistery Lights, le couple focalise son corps et sa pensée vers un seul but : toucher terre et créer le swing ultime, l’orgasme du geek décomplexé, enfin reconnu comme un être sensible et non plus seulement épileptique, maniaque et psychorigide.

Entre la soul music du morceau Ring the Bell et les vocalises psychédéliques du titre The Afterlife, le duo démontre à chaque fois ses idées larges en même temps que ses velléités cosmiques.

Loin de vouloir pour autant concurrencer la NASA, YACHT se veut à la fois drôle, kitsch, second degré et bien pensé. Comme un athlète sur son tapis roulant, chez YACHT, l’homme ne fait plus qu’un avec sa machine. On perçoit à peine la mécanique 2.0 qui est à l’oeuvre derrière les caresses d’un refrain auto-tuné par-ci, les paroles scandées par-là.

Le couple sait user de la culbute à bon escient. La ligne de basse martèle et chauffe à blanc tout ce qui bouge. Et pas question de pudeur ou de gêne du lendemain après ces parties de jambes en l’air. Un morceau comme Psychic City devient vite une obsession musicale qui, ludique et magnétique, suffit à vous sortir du lit sans remords.

Les chansons de YACHT ne proposent pas une lecture critique du monde qui nous entoure. Au contraire, tous leurs gestes et pulsions sont tournées vers l’imaginaire, la programmation d’un fantasme hypothétique, bref la création d’un univers plus ou moins crédible.

Ce futurisme à la sauce YACHT, c’est un jeu de l’oie musical, une suite logicielle aussi aléatoire qu’un Twister. YACHT n’est pas un groupe. YACHT n’est pas une secte. C’est une organisation aussi efficace que celle des envahisseurs de Mars Attack! C’est une bestiole nourrie aux hormones psychédéliques, qui traîne dans son sillage les clichés du rêve hippie de nos aïeux.

YACHT essaie de réconcilier l’aspect underground de la culture du Nord-Ouest des Etats-Unis, celle de l’opprimé avec son propre héritage spirituel. Les bases de cette croyance, on les retrouve dans un bouquin qu’ils ont écrit ensemble.

Le duo défend que nous sommes tous de gros bazars Maambulants. Toujours sur la défensive, nous restons des animaux par essence, prêts à bondir sur le coeur et l’affect de nos congénères. C’est pourquoi nous sommes tous partie intégrante du chaos. Utopie. Distopie. Le commencement est une fin, et inversement.

YACHT serait finalement le mariage de déraison de la folie psyché de tout un pan de la musique pop américaine, avec la rigueur doucement démodée du pape Benoît XVI. Rien que ça.

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