Dream-Pop : musique pour un ange tourmenté

À en croire ces quelques notes qui s’impriment à votre insu, au détour d’un nuage, tout est là pour faire de la dream-pop une beauté fatale : le son un peu sale, la voix désabusée, les rythmiques dance euphoriques, les claviers empilés, la réverb à gogo…

La dream-pop n’est jamais très loin de ce qu’on appelle le shoegaze : instruments qui saturent et sens inouï de la mélodie.

Dream-pop est un sous-genre plutôt rebelle et atmosphérique du rock alternatif. Il s’accroche autant aux textures sonores qu’à la mélodie. Les Cocteau Twins, avec leurs voix susurrées, indéchiffrables sont souvent vus comme les chefs de la dream team. Des voix qui ont plus à voir avec le soupir, le souffle, l’alanguissement, le murmure.  

Au bord de la vie ou de la mort. Au bord du songe éveillé ou du fantasme nocturne, c’est vous qui choisissez. Ou plutôt votre inconscient, car la dream-pop serait la musique idéale pour rêver dans son lit, en scrutant le plafond.

Tout commence dans les années 80′ encore une fois. Le qualificatif d’indépendant se diffuse pour qualifier des sonorités inédites, intégrant des influences issues de la pop, du rock et du punk, mais aussi pour certains de l’avant-garde, de la musique expérimentale et de la musique électronique alors en pleine explosion.

Aux États-Unis, le rôle des radios universitaires est majeur dans l’éclosion de ce mouvement : on parle même de college rock. Et jusqu’à aujourd’hui, la dream-pop reste une affaire de jeunes adultes un peu simplets et attardés, comme Sin Fang, M83 et autres Dum Dum Girls.

Soutenu par des labels piliers comme Rough Trade, Factory Records, 4AD, Creation ou Mute, ces groupes d’approche pourtant difficile obtiennent des possibilités de diffusion incroyables. Ils se découvrent un public, tout simplement. Alors que beaucoup d’autres reviennent à la fin de la décennie 80 à un rock plus électrique, branche parallèle à la dream-pop, partant des Pixies jusqu’à la vague Brit-Pop et ses héritiers actuels.

Comme son nom l’indique tout bêtement, la dream-pop est d’abord populaire, sans complications : elle peut être à la fois calme et enjoué, mélancolique et totalement groovy.

C’est un peu comme une de ces voitures rutilantes, petit bijou de mécanique à la manière des 2CV, familiales et robustes à la fois. Elle tire vos cheveux vers l’arrière, au gré du vent, vers un passé, mais elle vous mène aussi vers un futur.

Contrairement aux compositeurs très bavards de la Brit-Pop – on l’a vu avec Damon Albarn ou Noel Gallagher qui aiment raconter leur vie – les artistes de la dream-pop ne doivent pas aimer les disques qui en disent trop, et qui savent quoi penser.

Enfin, si vous vous sentez l’âme d’un ange tourmenté, allez donc jeter un oeil à la chill-wave, un nouveau courant de dance music, basse définition et indansable, un genre de dream-pop synthétique et psychédélique, plus contemplative et amoureuse. Amoureuse comme vous et moi, c’est certain. 

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