Heavy Metal : The Osbourne Family

1986 : le heavy metal est devenu un des genres musicaux les plus populaires. Les cheveux longs et le air guitar envahissent le monde, les jeunes portent des bermudas en jean déchiré et boivent des bières à la canette. Choc. Pourtant, à l’heure de groupes comme Total Fucking Destruction, Sodom, Carcass, Anal Apocalypse ou Destroyer 666, le heavy metal passe pour un enfant de chœur. Retour sur un genre à la classification parfois hasardeuse et pas si brutal qu’on le croit.

 Car si  le métal aujourd’hui fait :

A l’époque, il faisait déjà :

Oui papa, tu ne me crois peut-être pas, mais tu écoutais du métal, et ils criaient déjà, eux aussi.

La différence, c’est l’amalgame entre « heavy metal » et « metal » tout court. Le métal englobe le heavy metal, le power metal, le death metal, le brutal death metal, le black metal, le black métal symphonique, le speed metal, le metal progressif, le métal industriel, le folk metal, le drone metal, le doom metal, le trash metal, le brutal death metal, le viking metal, le grindcore, le deathgrind, le métal chrétien, le techno métal, et tant d’autres sous-genres encore ; tandis que le heavy metal, c’est du heavy metal, et cela n’englobe pas tous les genres de métal dits « extrêmes ». En réalité, et contrairement à ce que la terminologie pourrait le laisser croire, le heavy metal est moins violent que le métal tout simplement.

Born To Be Wild

Années 50 : c’est la folie rock’n’roll, directement inspirée du blues. Années 60 : c’est le début des sous-genres (folk, baroque, surf, psychédélique, acid, etc.). C’est vers la fin des années 60, début des années 70, que les premières traces de métal apparaissent, chez Cream, Jimi Hendrix, Deep Purple ou Led Zeppelin, mais surtout chez Black Sabbath, officiellement consacré père du heavy metal. Ce qui différenciait tous ces groupes des autres de l’époque, malgré les sonorités blues et psychédéliques communes à tous, c’était le son, le volume, l’amplification. Guitare électrique de rigueur, bien évidemment, mais surtout des gros amplis, et la disto à fond. C’est la base. Il faut également ajouter à cela la forte présence de basse, via l’instrument à cordes du même nom, mais aussi via la batterie. Ça rend le tout encore plus « heavy ».

Symphony Of Destruction

Mais avec cette recette, on peut très bien également avoir du hard rock. D’ailleurs « heavy metal » fut un temps synonyme de « hard rock », sans différenciation de genre. Mais tout comme le hard rock est une radicalisation du rock, le heavy metal est une radicalisation du hard rock. Mais attention, il ne suffit pas de jouer du hard rock avec plus de volume pour faire du heavy metal. Le heavy metal quitte progressivement ses origines blues et son rythme syncopé, que ne reniera jamais le hard rock, pour aller vers des riffs toujours plus rapides et laisser parler les guitares lors de soli virtuoses. Nous sommes alors vers la fin des années 70, et Judas Priest se place comme fondateur du son du « nouveau » heavy metal, avec des groupes comme Iron Maiden, Saxon, Accept, Def Leppard, etc. C’est Judas Priest également qui donneront leur look au genre : cuir, clous et bracelets à piques.

Balls to the Wall

C’est le début de la New Wave Of British Heavy Metal, la nouvelle vague de heavy metal britannique. Fin de la décennie 70 le punk se meurt mais se fait adopter par les metalleux qui en gardent sa grande utilisation des power chords (ces accords basiques mais puissants), le tempo extrêmement rapide et l’énergie déployée. Les refrains deviennent de réels hymnes que les fans scandent en chœur dans la fosse, le chant frôle l’opéra comme chez Iron Maiden ou Judas Priest, et les riffs se font d’avantages mélodiques. C’est vraiment à ce moment-là que la folie « heavy metal » envahie le monde et déchaine les foules. Le but : s’évader, s’éclater, se laisser porter par une musique aux accents épiques. Il n’y a aucun mal à cela.

Am I Evil?

Seulement voilà, le rock s’est radicalisé, le hard rock s’est radicalisé, le heavy metal se radicalise à son tour. L’influence qu’elle a sur les jeunes est considérée malsaine et dangereuse, et les parents, critiques et politiques s’évertuent à essayer de faire taire un genre qu’ils ne contrôlent plus et qui se plait à les provoquer d’avantage, avec double pédale, hurlements et imagerie sanguinolente. Le métal extrême fait son entrée dans les bacs, et le métal, en général, devient le bouc émissaire de l’industrie musicale et est désigné fléau de la société.

Et quand certains, à l’Assemblée Nationale, tentent de défendre le genre, c’est sous une huée et un vacarme général. C’était Patrick Roy, premier politique à avoir pris la défense du métal et de ses festivals souvent menacés de censure.

Aujourd’hui, le Roy est mort, vive le Roy !

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