Beach Boys : La Vie de Brian

The Beach Boys, en gilet PendletonLa Californie : Le soleil, les palmiers, les filles en bikini, les décapotables, les jeunes, l’insouciance, le surf … Et les Beach Boys. Brian Wilson, ses deux frères, leur cousin et un ami vont créer un véritable tremblement de terre, et grâce à eux, la Californie détrônera l’Eldorado au titre de place to be. Le mythe californien, c’est eux.

Ou plutôt lui. Car derrière The Beach Boys il y a surtout Brian Wilson, tête pensante du groupe. Tout né dans sa chambre, qu’il partage avec ses deux frères Carl et Dennis, où il leur apprend à chanter en harmonie, inspiré par The Four Freshmen, quartet vocal dont Brian était fan. Cela donnera une des premières particularité du groupe : une présence vocale beaucoup plus complète que sur n’importe quel autre titre rock’n’roll.

Brian compose avec son cousin Mike Love le premier tube du groupe, Surfin’. Le ton est donné. Imposé, même, puisque The Beach Boys n’ont pas même choisi leur nom. Originellement baptisés The Pendletones, le nom de « Beach Boys » apparait pour la première fois sur l’étiquette du vinyle de Surfin’, sorti en 1961, à la grande surprise du groupe. Manière évidente de les rattacher à la scène surf rock alors en plein essor.

Leur style s’impose dans les charts en 1962 avec la sortie de leur premier album, Surfin’ Safari. Un an plus tard, Surfin U.S.A. rempile avec les thématiques habituelles : le surf, les filles et les belles voitures. L’album est enregistré en moins de deux semaines et sort un mois plus tard. A tout juste 20 ans, c’est le succès pour les Beach Boys. Brian Wilson prend de l’assurance et se chargera désormais de la production du groupe.

Il grandit, aussi, et délaisse pour la première fois les thématiques ensoleillées pour composer In My Room, le premier morceau mélancolique et introspectif des Beach Boys. En tout cas, il enchaine les compositions, sortant près de 2 albums par an durant toute la décennie 60s. Les Beach Boys grimpent dans les charts, et feraient presque de l’ombre aux Beatles. Car il ne faut pas oublier que les années 60, c’est surtout l’ère de la British Invasion et les anglais se classent dans le top des charts partout dans le monde et font fureur sur le sol américain. Les Beach Boys auront été les premiers à s’affirmer mondialement comme le premier groupe américain. Une petite American Invasion, en somme.

Depuis, les Beatles et les Beach Boys se tirent amicalement la bourre dans les charts, chaque album essayant de surpasser celui de l’autre. C’est le début de la guerre des étoiles montantes de la scène musicale. C’est ainsi qu’à la sortie de Rubber Soul, le 6e album des Beatles, Brian Wilson est inspiré. Il y découvre un album complet, original de bout en bout, sans reprises et morceaux bouche-trous, comme c’était le cas avant dans les albums des Beach Boys et des Beatles. Il déclare alors vouloir composer le plus grand album rock jamais sorti. Il réplique donc avec Pet Sounds, sacré 2e meilleur album de tous les temps par le Rolling Stones Magazine. Brian Wilson y déploie tout son talent de compositeur et producteur dans un album extrêmement ambitieux agrémenté de theremin, orgue, clavecins hautbois, sonnettes de vélos et aboiements de chien. Alors que le monde entier entre dans l’ère psychédélique, l’album explose au box-office, inspire à son tour les Beatles, Paul McCartney sacre God Only Knows plus belle chanson jamais écrite, et l’Empire Britannique contre-attaque avec Sergent Pepper’s Lonely Hearts Club Band, sacré meilleur album de tous les temps à quasiment l’unanimité. C’est l’uppercut final, le coup de grâce.

Brian Wilson est assommé mais pas encore K.O. Il met en place l’œuvre de sa vie, le plus grand chef d’œuvre de la pop music, qu’il intitulera Smile, prévu pour décembre 66. A la recherche de la perfection, Brian Wilson joue et rejoue les morceaux. A titre indicatif, le tube Good Vibrations sorti un peu plus tôt nécessita 4 studios et 300 heures d’enregistrement. Après 20 versions différentes de Heroes & Villains, Wilson n’est toujours pas satisfait. Stresse et drogues ne faisant pas bon ménage, la santé mentale de Brian est en chute libre : il fait porter des casques de pompier à tout l’orchestre lors de l’enregistrement du morceau Fire, et lorsqu’il entend parler d’incendies à Los Angeles le lendemain, il juge sa chanson maudite et veut faire brûler les bandes. L’album est repoussé à janvier 67, mais après 9 mois d’enregistrement, rien ne sort. La pochette est prête, les fans s’impatientent. Wilson passe ses journées dans sa piscine depuis laquelle il dirige des réunions. Mi-mai, il annule tout. Les vinyles imprimés mais pas encore édités sont détruits, et Wilson sombre définitivement dans la déprime et les psychotropes, passe ses jours au lit, à manger et se droguer. Il Fin de match.

Ce n’est pas pour autant la fin du groupe, simplement la fin de leur succès. Son frère Carl Wilson prend la tête du groupe et se charge de la production, Brian est là sans être là, et le groupe sort des albums plus ou moins bons, surfant sur la vague psychédélique de l’époque, reprenant leurs tubes avec des chanteurs de country, oscillant ici et là entre jazz, blues, baroque, soul et vaguement surf.

Le groupe n’en est plus à ses heures de gloire, même s’il ne sombre pas dans l’oubli. Avec les années, le groupe perd ses membres : Dennis Wilson, batteur, se noie alors qu’il est ivre. Carl Wilson, le guitariste, décède du cancer des poumons. Al, guitare rythmique, quitte alors le groupe. Brian est en solo. Ne reste aujourd’hui que le cousin Mike Love, seul membre originel des Beach Boys.

De son côté, Brian a enfin réussi à sortir Smile, et pour cela, il aura fallu attendre 2004, soit 37 ans après les premiers enregistrements, même si ce Smile de 2004 ne contient que de nouveaux enregistrement de Wilson et son groupe solo. En 2011 l’album sort sous le nom des Beach Boys et sous forme de coffret, avec la couverture originelle, les enregistrements originaux, retraçant, CD par CD, l’évolution des morceaux. Dernier album en date sous le nom de The Beach Boys, même si enregistré il y a des années de cela, il se murmure qu’un nouvel album pourrait voir le jour en 2012, avec Wilson et Love aux commandes, la dream team de tous les succès du groupe. Pas de nouvelles pour le moment, mais vous vous doutez bien que dès qu’on en sait plus, cela se retrouvera immédiatement dans notre Agenda de la Semaine !

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