Quand le Glitch-Hop déflore le rap !

Les Américains de Glitch Mob utilisent leur nom comme blaze depuis 2006. Graffeurs ou héros très discrets, ils sont comme des gangsters qui braquent une seule grosse banque, pour mieux se faire oublier pendant une décennie. C’est tout ça que raconte le glitch-hop.

Les CDs qui sautent, la distorsion numérique, la compression du son, le bruit de machines, les bogues informatiques, les erreurs système… Cette musique porte en elle la dernière décennie qu’a vécue la Baie de San Francisco.

Décennie marquée par la réappropriation par la scène electro locale des rythmes du crunk – une espèce de hip-hop sudiste, érotique et puissant représenté par Lil Jon notamment, et de la sérieuse glitch music – une techno minimaliste à base de courts segments rythmiques.

Pour faire simple, la rencontre de ces deux vagues nous conduit entre autres à la musique de The Glitch Mob, volontiers instrumentale, portée par une rythmique ultracomplexe, un son métallique, des microsamples et des basses XXL qui lorgnent vers le dub.

Sans entrer dans la bataille, ni dans le name-dropping, il y a deux écoles en termes de néo-electro hip-hop: le wonky et le glitchy.

La veine wonky joue plus sur le coeur que sur l’effet dansant. C’est un juste milieu entre le côté doucereux, suave, enrobé voire chill-wave de DJ Shadow et la frénésie électronique de Prefuse 73. De quoi repousser encore un peu plus les limites d’un son simplement basé sur une boucle, finalement.

Même si les deux styles se retrouvent chez un même artiste, le glitch-hop, lui, c’est davantage une IDM (intelligent dance music) a-rythmée, à la pointe des techniques de production moderne : cuting et glitching, ces 2 méthodes désossent les structures binaires des morceaux pour un rendu complexe, déroutant :

Ils progressent tranquillement, semble vouloir se la jouer « grosses nappes mélodieuses », et BAM ! BIM ! la musique change de rythme, change de peau, pour un impact plus immédiat sans forcément être totalement « dancefloor ».

C’est un jeu de ping-pong, où chaque mesure, chaque son est repris à la volée par le musicien, qui le réinjecte dans la boucle une fois enrichi ou détourné. Ce processus fuit toute séquence préprogrammée pour essayer de conserver l’urgence du live.

Flying Lotus est le précurseur de cette mouvance qui fusionne avec brio IDM, hip-hop, funk et soul. Mais certains osent aller plus loin, comme Juj qui n’hésite pas à incorporer des samples jazz ou, plus original encore, la jeune beatmakeuse Jennifer Lee, alias TOKiMONSTA, qui produit un glitch-hop clairement influencé par les musiques asiatiques.

L’électronique est un vrai parasite. L’électronique flirte encore une fois avec l’universel. Le glitch-hop plaira aussi bien aux amateurs de hip-hop, de dubstep que de techno hardcore.

Imaginez la collision entre des battements hip-hop en fin de piste et des synthétiseurs suraigus et mélodieux. Vous obtiendrez souvent du glitch hop. Sa recette ? Un savant mélange de rythmiques nonchalantes mais secouées, de basses saturées et de mélodies cosmiques.

Comment c’est possible ? Le glitch hop puise dans les années 90′ pour mieux fondre l’abstract hip-hop de Flying Lotus dans une sorte de variante moderne des traditions initiées par les bruitistes et la musique concrète. Mais là encore, c’est une autre histoire.

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Une réflexion sur “Quand le Glitch-Hop déflore le rap !

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