Mais qui est Mike Patton ?

En ces temps musicaux un peu mornes, où les frasques vestimentaires et autres extravagances de Lady Gaga font d’avantage parler d’elle que sa musique ; où on se disait, avant les concerts de feu Amy Winehouse, non pas « j’espère que ça va être bien ! » mais « j’espère qu’elle sera pas trop droguée ! » ; où une rock star se définit surtout et premièrement par son look et son attitude ; qui peut prétendre encore, aujourd’hui, se faire une renommée basée uniquement sur sa musique ? Bien peu de monde, je vous le dis ! Mike Patton est de ceux-là, à tel point que son nom, peut-être, ne vous dira rien. Découvrons le personnage ensemble.

Pour faire parler de toi, aujourd’hui, il faut soit être footballeur, soit drogué, soit alcoolique. Les paparazzi ne sont pas à la sortie des studios, ils sont devant les boites, devant les bars. Mike Patton, lui, est plutôt du genre workaholic : accroc au travail, dédiant tout son temps à la création. Pas de place pour les dérives, « it’s a full time job » affirmait-il au San Francisco Chronicle. Mais du coup, dites « Mike Patton » autour de vous, et constatez : si votre entourage n’est pas un tant soit peu impliqué dans l’univers rock/métal et s’il ne s’écarte que peu des sentiers battus, la réponse sera la suivante : « qui ça ? ».

Alors venons en au fait, Mike Patton, c’est qui ? Mike Patton, c’est eux :

Les multiples visages de Mike Patton

Non, Monsieur Patton n’est pas schizophrène, simplement hyperactif.

Mike Patton, c’est le chanteur de Faith No More, de Mr Bungle, de Peeping Tom, de Fantômas, de Tomahawk, de Maldoror, de Hemophiliac, et de tout un tas d’autres projets qui n’ont pas forcément vu le jour au format CD mais que l’on retrouve en bootleg par-ci par-là sur le net. En gros, c’est un homme qui ne s’arrête jamais : auteur, compositeur, multi-instrumentaliste, producteur, acteur (Firecracker), doubleur (Left 4 Dead, I Am Legend, The Darkness, Portal).

En même temps, quand on est né dans la ville d’Eureka, en Californie, on est un peu obligé d’avoir du talent, un éclair de génie qui vous guidera toute votre vie.

Son génie à lui, c’est sa richesse musicale et vocale : Mike a presque autant de projet qu’il a de voix différentes : Il touche autant aux cris monstrueux qu’aux cris d’un chanteur de métal qu’aux cris perçants, au scat qu’au rap, aux voix basses, au crooning, au falsetto, au baryton, au beatboxing ou à l’opéra.

Il faut dire aussi que même musicalement, il brouille les pistes : Avec Faith No More, il fut l’un des groupes les plus influents de la scène rock-métal mainstream de la fin des 80’s, début 90’s, avec un son fusion à l’origine du métal alternatif et ayant énormément contribué à définir le néo-métal ; avec Mr Bungle, il fut l’un des premiers groupe de métal expérimental à atteindre la notoriété ; avec Peeping Tom, il touche autant à l’expérimental qu’au trip hop et beatboxing et s’entoure de nombreux collaborateurs aussi variés que Kid Koala, Massive Attack, Amon Tobin ou Norah Jones ; idem avec Lovage, entre trip hop, hip hop et downtempo ; avec Fantômas, il plonge tantôt dans le dark, tantôt le doom, ici le noise et là l’electro et reprend à sa sauce des bandes originales de film sur The Director’s Cut ; avec Maldoror il réalise des concerts de noise music improvisés ; avec Hemophiliac c’est, en ses termes, de la « musique improvisée provenant des tréfonds de la folie » ; avec son projet Tomahawk, c’est du rock expérimental amérindien auquel nous avons droit. Enfin, sous le nom de Mondo Cane, il reprend des standards de la musique italienne des 50’s et 60’s et chante également dans un opéra, le tout bien évidement en italien courant.

Bref, Mike Patton est un artiste complet, un visionnaire, aussi talentueux que versatile, qui doit probablement toute sa carrière à son succès au sein de Faith No More. C’est d’ailleurs suite aux multiples récompenses reçues par le groupe que Mike Patton a su faire éditer un album de Mr Bungle, son projet expérimental entamé au lycée, qui n’avait jamais trouvé preneur jusqu’à lors. Mike Patton joue pour tous les publics, qu’ils soient en costume trois pièces, en jean baggy, en casquette ou tenue de cuir.

Pour encore plus de liberté, Patton crée avec Greg Werckman, son manager, le label Ipecac Recordings, tirant son nom du sirop d’Ipecac bien connu pour ses vertus vomitives. Leur slogan : « Ipecac Recordings – rendant les gens malades depuis 1999 ». Avec un tel slogan, il ne faut pas s’attendre à du mainstream ou du easy-listening, on a bien affaire à un label tout ce qu’il y a de plus inhabituel. Au catalogue du label, la quasi-totalité des projets de Patton, mais également le hip hop expérimental de Dälek, le dub rock de Dub Trio, le noise electro hip hop de Ghostigital, le post-metal sludge de Isis, le mathcore de The Locust, le DJ Rob Swift, le jazzcore de Zu ou encore, Monsieur Ennio Morricone.

Alors, Mike Patton : de la Music Without Borders ? Assurément ! Nul doute qu’avec lui, vous aurez de quoi contenter vos oreilles bien curieuses !

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