Le rock garage à plein gaz !

Et si Nirvana, et si les Sex Pistols n’avaient pas existé ? Serions-nous figés pour toujours dans l’ère sixties, en compagnie des Beatles ? Aurions-nous le droit de nous balader dans la rue avec des jeans complètement déchiquetés ? Oui, nous sommes en droit de nous poser ces questions ! Car sans l’arrivée du rock garage, ce sont de très très nombreuses nouvelles sonorités qui n’auraient peut-être jamais vu le jour.

Ah, mais le grunge, le punk, ce n’est pas garage me direz-vous ! Non, en effet, mais c’est bien le garage qui a jalonné ces genres. Mais alors, c’est quoi le garage ? Le garage, c’est tout d’abord le lieu de tous les possibles. Car le garage en effet, ce sont les répètes’, les copains, les établis de papa, ses amplis achetés avec l’argent de poche des six derniers mois, des guitares électriques premier prix et beaucoup beaucoup d’amateurisme, mais beaucoup beaucoup d’attitude aussi. Du moins, c’est l’idée que l’on se fait du garage.

Plus techniquement, et de façon un tantinet moins cliché, le rock garage, puisque c’est de rock dont on parle, c’est en fait un son assez simple (qui se limite à quelques accords et à une structure basique), un son un peu sale aussi, et une furieuse envie de crier dans un micro pour se faire entendre le plus loin possible. En fait, les groupes de rock garage, ce sont un peu des joailliers des anciens temps, des chercheurs d’or qui, sous des airs à ne pas y toucher vous sortent de vraies pépites, des diamants purs, mais aussi et surtout bruts. Pas question de faire dans le raffiné, ni de couper les cheveux en quatre, il faut que ça envoie du lourd, que ça électrise, que ça vibre et que ça fasse vibrer !

Et pour faire vibrer, il fait vibrer ! A côté des brushings de nos petits anglais, les fous des portées décoiffent et font crisser leurs engins. Et ils en ont sous le capot ! De Détroit, où le désormais célèbre Iggy l’Iguane hurlait et se déhanchait au début des sixties aux studios proprets de la nouvelle génération de « garagistes » (BBR en figure de proue) au début du siècle, il y en a eu, des groupes qui se sont faits garage !

The Trashmen, The Rivieras, puis l’invasion British, The Animals, The Who, The Kinks, The Stones dans le milieu des 60s… les grands noms du rock, le vrai, celui que nous chérissons comme le seul et unique rock, celui de nos parents, se succèdent. Un succès populaire pour ces désormais classiques, qui n’aura pas spécialement marqué les maisons de disques (le succès commercial du garage rock est toujours resté assez mitigé), et le phénomène va retomber assez vite. Seule exception, les Stooges qui continuent de pousser des cris depuis Détroit.

Heureusement pour l’histoire de la musique, l’aventure garage ne s’arrête pas là. Comme tout n’est fait que de passé et d’influences, un éternel recommencent, ils sont nombreux à s’inspirer des attitudes garage, pour continuer les étirer, du son contestataire punk aux réflexions grunge, descendants directs de ces énergumènes délirants, entre clés de sol et clés à molette.

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