Top 5 2011 de l’équipe Music Without Borders

L’heure du bilan est arrivée ! Sous forme de plaidoyer commun pour la musique, les capitaines de la frégate MWB vous livrent leurs Top 5 respectifs !

AGATHE

Dur dur de faire le tri dans la flopée de disques qui ont fait les 365 beaux jours de révolution musicale ! Je garde mes cinq petits chouchous bien au chaud pour vous, à se filer sous le gros manteau de laine pour finir l’année.

Petit 1. Kitty, Daisy & Lewis. Qui aurait pu croire que les esprits d’un Nat King Cole, d’un Johnny Cash, d’une Patsy Cline ou d’un John Lee Hooker pouvaient sonner si bien – transcendantalement fondus dans une musique intense enracinée à ces chères 50s – quand Kitty, Daisy et Lewis ont décidé de faire perdurer l’héritage des plus grands chanteurs américains ? Blues, swing, country, rockabilly : la fratrie Durham réussit à embarquer ceux qui l’écoutent dans leur machine à remonter le temps faite-maison.

Tous trois chanteurs et multi-instrumentistes, le groupe a démarré sa carrière comme d’autres démarrent une voiture. Facilement, sans effort. Après leur album de reprises, Honolulu Rock, sorti en 2005 et leur tout premier opus 100% original, Kitty, Daisy & Lewis (2008), les frangins fantastiques transforment l’essai et enregistrent (toujours sur leur matos du milieu du siècle) Smoking in Heaven, en 2011. Mais qu’est-ce qui fait leur charme ? Est-ce l’enregistrement vintage, les fripes authentiques, le talent de leur jeunesse ou l’âme du rock, le vrai ? Je ne sais pas trop, mais il est clair à mon oreille que chacune des notes mérite de se faire entendre comme la volonté d’un esthétisme et d’une envie de création artistique loin des airs mainstream. Rien que pour ça, on est obligé de les aimer !

Petit 2. Explosions in the Sky. Mes Texans préférés se devaient d’être dans la sélection de l’année. Avec leur dernier album Take care, Take care, Take care, sorti en mars dernier, pas moyen d’être déçu. Le shoegaze nous fait tout autant planer, nous emmène loin, très loin, dans ces contrées lumineuses entre guitares saturées et cordes épurés. A chaque entrée d’instrument, on vivre un peu plus, on se sent médiator, et l’on part pour des longues envolées (8 minutes de morceau est chose commune dans les histoires musicales d’Explosions in the Sky).

Petit 3. Moriarty. Hélium ou  tessiture de soprano, le pari était gonflé ! Laissez-vous donc happer dans l’univers de Moriarty, en plein Atlantique, dans cette histoire d’amitié, de musique et d’excentricité au charme rétro des 30s. Mené par la surprenante Rosemary Stanley, le groupe franco-américain propose des morceaux poignants, surréalistes, à quelques lieues d’ici et de là-bas, dans un pré à l’herbe bleuâtre et aux vaches en forme de tulipes et non de Marguerites. Alors on ferme les yeux et on écoute The Missing Room !

Petit 4. The Streets. Mike Skinner et son accent cockney sont revenus une ultime fois à nos oreilles avec Computer & Blues, qui clôt la série des cinq albums de The Streets. On écoute, et on se rappelle le talent de ce magicien du phrasé, qui n’arrête pas de claquer la misère de sa vie de jeune populaire sur les sonorités rap/hip-hop. On se rappelle surtout que ses autres albums sont quand même meilleurs, et que peut-être, il aurait pu s’abstenir de nous la faire façon commerciale. Mais bon, à défaut d’être le dernier Skinner, c’est le dernier The Streets, alors il mérite quand même sa place !

Petit 5. M83. Ma sélection s’achève sur du 100% français, création et production (ça tombe bien, c’est à la mode). Shoegaze toujours, on ne se refait pas, mais shoegaze plus électro avec Midnight City. Un album enlevé qui se plaira très bien à animer vos soirées du réveillon, le kitsch en moins !

Top 5 - Martin

MARTIN

Vous le savez peut-être, vous aurez peut-être pu le remarquer avec les sélections que je fais lors de mes agendas, mais moi, je suis plutôt métal en tout genre. Bien entendu, je ne me prostitue pas pour faire cette émission et apprécie tout autant d’autres genres, mais mes racines sont dans les guitares qui crachent. Cependant ne voulant pas trop vous assener de sélections métal pour mon top 5, il a fallu trier. J’ai donc décidé de vous nommer mes coups de cœur, dans différentes catégories, différents genres musicaux. Pas de classement par préférence, donc, mais une sélection par genres !

Commençons tout de même par le métal ! J’aurai pu vous parler du death metal d’Amon Amarth avec leur album Surtur Rising, j’aurai pu vous parler du trash metal de Machine Head et Unto The Locust, mais j’ai préféré louer l’originalité et la surprise de Peste Noire et leur album L’Ordre à l’Etat Pur. Charmants noms me direz-vous ! Peste Noire, il me semble l’avoir déjà évoqué, officie habituellement dans le black metal, mais le genre underground, ampli à deux balles et paroles médiévaleuses. Alors qu’il reprenait du Verlaine et du Baudelaire sur ses précédents albums, Peste Noire tombe ici dans le simple chant crasseux et provocateur, hymnes nationalistes, paroles misogynes. Mais nous ne sommes pas là pour parler d’idéologies mais de musique ! Et musicalement, le tout fait mouche. Sonorités médiévales, accordéons, samples pornos ou extraits des Visiteurs, beat electro, rythmes punk, guitares black, solos à la guitare sèche. On ne sait plus trop comment classer Peste Noire ! Et moi, c’est pour tout ça que j’adore !

Adoucissons les choses et venons-en à la folktronica de Sin Fang, anciennement Sin Fang Bous, et son album Summer Echoes. Il est islandais, il bricole sa musique avec tous types d’instruments et des jouets, il est le leader du groupe d’indie-folk Seabear, il a une voix qui berce, il n’en fallait pas plus pour me séduire ! Sorti en début d’année courant mars, Summer Echoes nous aidait à faire la transition entre le froid de l’hiver et la douceur du printemps et la chaleur à venir de l’été. Une bouffée d’air frais, une brise tiède qui réchauffera ces froides journées d’hiver. Bah oui, l’Islande a beau être une île au climat froid, ses habitants savent transmettre une chaleur sans pareil ! Tout ça c’est les volcans et les sources chaudes je suis sûr !

C’est lo-fi, c’est dream pop, c’est down-tempo, c’est folk, c’est electronica, c’est tout ce que tu veux, mais c’est BON !

Place au rap, genre dont je ne suis pas spécialement friand, mais avec un groupe qui a toujours su me séduire, Stupeflip. Parce que c’est rap mais aussi rock, punk, délire et par moment synth-pop, encore un beau pot-pourri qui a su me taper dans l’oreille. Sur The Hypnoflip Invasion, le stup tue l’un de ses membres, déclare son amour à Mylène Farmer ainsi qu’aux laides, remballe les haineux d’Internet, se rappelle des mauvais souvenirs scolaires, et écrit ses paroles crayon Titi au poing.

Côté electro, le choix fut dur. Entre les islandais de FM Belfast, le français de M83 ou les belges de The Subs, le choix fut dur. D’un côté, des sonorités happy cheap, au centre, de l’electro shoegaze épique, et à ma droite des DJs transe survoltés. Bon, si je disais The Subs, Romain me dirait prévisible. Et puis on vous en a déjà pas mal parlé. Agathe m’a piqué M83. Alors va pour FM Belfast, leur bonne humeur, leurs synthés aussi ringards que leurs fringues, et leur album Don’t Want To Sleep. En ces temps de fête, cela devra être votre slogan ! Il faut s’imaginer, en écoutant leur single I Don’t Want To Sleep Either, chanter au cœur d’une soirée bien arrosée, les joues roses et les jambes musclées à sautiller. Une petite cure de bonheur, c’est maintenant !

On termine à l’autre bout du monde, avec une découverte plutôt récente : les touaregs de Tinariwen et leur album Tassili. Oui, je vais vous l’avouer, je n’ai découvert ce groupe que lorsque nous en avions parlé pour une émission précédente, j’y ai consacré la rubrique Dix Minutes Une Carrière, et je suis tombé amoureux. Leur blues touareg, la chaleur de leur voix et l’enchantement de ces chants lointains et inconnus m’ont carrément séduit. Leur sincérité, leur histoire surtout, sont autant de raisons d’écouter un groupe de nomades qui vous fera voyager à coup sûr. Je termine donc mon Top 5 sur cette petite pépite et je vous fait écouter Mes Amis du Sahara, c’est la traduction du titre, Imidiwan Win Sahara.

ROMAIN

The Stepkids. Ces presque demi-frères et amis sont des instrumentistes accomplis, ayant forgé leurs armes d’intelligence pop dans l’ombre d’Alicia Keys, Lauryn Hill ou 50 Cent. A la fois moderne et décalé, leur premier album éponyme éblouit par ses acrobaties, ses loopings entrepris avec une aisance folle.

Plutôt bref, comme toute bonne attraction vous me direz, mais aussi nourrissant qu’une petite et fondante tranche de foie gras aux figues, The Stepkids est lumineux, pétillant et addictif. C’est un joyeux feu d’artifice mélodique, sorti en septembre mais idéal pour accueillir les rênes du Petit Papa Noël.

Surkin est et reste mon petit chouchou de l’année, mon magicien dance préféré. Le plus prometteur à mon sens, à ceci près que USA ne craint pas la comparaison des poids lourds comme Spank Rock. Silver Island vous renvoie à une chronique passée.

MetronomyThe English Riviera, subtile et ludique, fut bien heureuse. Elle a fomenté nos retrouvailles avec la pop anglaise. Le quatuor du Devon nous réconcilie avec la fulgurance et le flegme un tantinet agaçant de nos si chers ennemis anglais. Il se recompose et repousse les balises de son electro-pop minimaliste et obscure.

Les cordes ensoleillées, le bruit des vagues, les vocalises mixtes et printanières, les arpèges jazzy,… Tout ça me plaît beaucoup. De toute façon, ils sont déjà en pays conquis !

Gui Boratto. Nous traversons l’Atlantique pour rejoindre les palmiers tremblants et la mécanique du Brésilien Gui Boratto. Le beau brun était revenu en septembre avec un troisième opus, prosaïquement nommé III et signé chez le fameux label allemand Kompakt. Mélancolique et aérien, son voyage dégage une énergie encore brute et saisissante.

Cheveu. Je termine avec le disque radical par excellence. Il a maltraité nos tympans pendant un an et pourrait bien trouver sa place dans la BO d’un film sur 2012, année électorale. 1000 est un album anti-social et anti-réel.

La débauche d’énergie positive et mordante nous rappelle les jolis petits scandales (et autres caméras cachées) du groupe d’humoristes révolutionnaires Action Discrète, su Canal +.

L’ambition d’un fourre-tout musical nous rappelle aussi les chefs d’oeuvre je-m’en-foutistes de Mr. Oizo aka Quentin Dupieux. Pas de nuance. Rien de superflu dans l’humour noir comme dans le blues.

Parti fin janvier, le trio parisien trace sa route et laisse une traînée de salive, pour éviter qu’on le suive de trop près. Attention, terrain glissant !

Joyeux Noël !

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