Gershon Kingsley, du pop corn d’avant garde

Mais qui est l’homme derrière le popcorn électronique ? Non, ce n’est pas l’amphibien vert suédois qui faisait le bonheur des collégiens qui pouvaient se la péter avec leur super sonnerie de téléphone. Mais bien Gershon Kingsley, l’arrangeur et le compositeur éclairé qui aura développé un genre particulièrement obscur dans la fin des années 60.

Il ne faut pas l’oublier, en ces temps-là, c’est la fleur pacifique, le blues, le folk et le rock psychédélique qui n’en finissent pas de mettre l’Amérique en musique. Quelle que soit la mouvance, c’est du pur, du vrai, de l’authentique que l’on fournit aux consommateurs et aux mélomanes. A la fois retour aux sources et exploration plus poussée du bon rock’n’roll des années 40, la musique main stream conforte, caresse, fait se dresser quelques poils, mais reste somme toute peut aventureuse.

Alors oui, bien sûr, les productions musicales ne se limitent pas aux sirupeuses balades des Beatles, aux doux mots de Muddy Waters et aux notes métalliques de l’harmonica de Dylan me direz-vous ! En effet, vous avez bien raison, certains, poussés par les frissons de l’expérimentation avant-garde auront investi le champ de l’électro, pour mieux la maitriser et la vulgariser. Car si The Subs, Birdy Nam Nam et les autres cartonnent dans les concerts où vous vous rendez aujourd’hui, c’est parce que les pères fondateurs du genres auront permis à vos parents de rendre l’imperméable perméable et l’expérimental main stream.

Revenons aux répercussions musicales de Gershon Kingsley. Le touche à tout qui dirigeait les orchestres de Broadway a en effet, à travers deux rencontres majeures, grandement influencé l’électro.

D’une part, en faisant la connaissance de Jean-Jacques Perrey – étudiant en médecine raté et joueur d’accordéon -, et d’autre part en découvrant le Moog. Quel rapport ?
En fait, Perrey a réveillé les envies de Kingsley. Quand ils se rencontrent aux studios Vangard en 1965, le français s’amuse à faire des loops de cassettes audio. Kinsgley, lui, s’occupe d’ajouter des arrangements, et voilà que les deux hommes deviennent un : Kingsley et Perrey.

Un an plus tard, en 1966, The in from Way out sort, popularisant ainsi une musique qui sort des sentiers battus.

Kingsley continue sa route en solitaire, et propose, en 69 son tout premier album solo, Music to moog by, entièrement réalisé au moog, instrument synthétique fraîchement sorti des neurones de Robert Moog, et que Perrey a mis entre les mains de son comparse. S’en suivra le First Moog Quartet, où le compositeur poussera un peu plus l’expérimentation (beats, bruits synthétiques).

Peut-on dire pour autant que la carrière de Kingsley se résume à un moog et du popcorn ? Certainement pas. Il ne faut pas oublier que Gershon, c’est surtout Götz Gustav Ksinski, gamin juif né en 1922 en Allemagne. Certes, il aura marqué le pan électro de la musique, mais ses productions ne se sont pas limitées là. En 2008, à près de 90 ans, le compositeur a mis en scène l’opéra Raoul, (qui traite du 3ème reich), histoire de contribuer une fois de plus, à passer l’héritage, soit-il musical, ou historique.

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