Cercueil. A la vie, à la mort

« Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ? » Si ce couplet vous parle, c’est que tout n’est pas perdu. Cercueil entonne le chant des partisans, et détonne par un tour de passe-passe d’outre-tombe.

Derrière le nom macabre se cache une équipe qui aime se casser la tête. Se casser la tête pour inventer et divertir. Originaire de Dunkerque, haut-lieu de la franche rigolade, le couple doit d’ailleurs en connaître un rayon sur ce qui fait rigoler ceux qui, comme eux, ont le soleil dans le cœur.

Arrivés sur Lille il y a 8 ans, Pénélope Michel et Nicolas Devos travaillent l’ambiance sonore avant même de penser la rythmique.

D’abord, au profit d’une électronique de la plus belle espèce, faiseuse d’anges et de diables. C’est bien normal pour des cercueils : certains rejoignent les asticots, d’autres les flammes du crématorium. Les machines sont froides, la musique  assez opaque mais la complicité des deux artistes permet de dégager des mélodies intuitives et spontanées.

Comme tout projet digne de ce nom, l’expérience Cercueil dilate le tympan et invente tout bonnement de nouveaux paradis : tantôt arène désaffectée où poussière et toiles d’araignée subissent l’apesanteur et le vrombissement des amplis suralimentés, tantôt opéra fantomatique où cold-wave de science-fiction et dancefloor zombiesque jouent à cache-cache dans les rideaux rouges sang. 

Rien n’est simple chez Cercueil. Leur mise en scène, plus suggérée que vraiment exposée, s’amuse à mettre du second degré dans une orchestration grave et sérieuse. La vocaliste atmosphérique et le guitariste franc-tireur finissent ainsi de rendre hommage à la pensée des grands stoïciens de la new-wave.

Tous les éléments commencent à peine à prendre de la place et du relief que des mains glacées viennent déjà parcourir notre dos. Que déjà le vertige nous accable, transforme la mesure en énigme, et distord le temps à sa guise. Chez Cercueil, les textures synthétiques et les vocalises d’entrailles, les coups de fouet électriques et les masses de granit s’accordent pour composer une musique va-t-en-guerre.

Il y a du groove derrière le masque rigide. Et ceci grâce au travail d’Olivier Durteste. Les maquettes étant enregistrées sans batterie, ce n’est qu’après le passage du couple en studio que le batteur donne sa réponse. Une réponse sous forme d’ultime sentence, de condamnation en dernier appel. De confession à la vie, à la mort. 

Publicités
Tagué , , , , , , , ,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s