Nina Hagen ne dit nein à rien

Danseuse, aspirante actrice, chanteuse de punk, de reggae, d’opéra, de rap, de rock … Nina Hagen décoiffe autant qu’elle est décoiffée, ravage le paysage musical avec ses albums melting-pot. Revenons sur la carrière de la diva du punk.

D’abord promise à une talentueuse carrière de danseuse classique en Allemagne de l’Est, Nina, née Catharina en 1955, se tourne d’abord vers le cinéma à 16 ans, mais l’école lui ferme ses portes suite à son échec au concours d’entrée.

Elle part alors en Pologne chanter dans un groupe de reprise, où elle reprend Janis Joplin ou autres Tina Turner, deux autres enragées du micro. Elle revient en Allemagne de l’Est et monte plusieurs groupes au sein desquels sa réputation de chanteuse se forge. Mais pendant ce temps, en 1976, son beau-père auteur et philosophe est déchu de sa nationalité est-allemande après avoir accepté une invitation sur un plateau ouest-allemand. Son retour à l’est lui est interdit, le rideau de fer est bel et bien fermé. Nina et sa mère rejettent alors également leur nationalité et leurs ascendances communistes et partent s’installer à Berlin Ouest. La béance culturelle communiste laisse place à la profusion et à la rage de la musique occidentale : Nina part à Londres en 1977 et découvre la scène punk alors en plein boom, et s’acoquine de tout ce petit monde. Johnny Rotten, figure centrale des Sex Pistols, en est d’ailleurs un fervent admirateur.

A son retour en 1978, elle forme le Nina Hagen Band et enregistre avec eu son tout premier album. Le monde de la musique y découvre une chanteuse hors norme, qui parle, crie, passe de l’alto au soprano, mix le punk, le funk, l’opéra, le jazz … Un album tout aussi déjanté que sa chanteuse, qui commence à voir des aliens multicolores, et donne des noms bizarres à ses enfants, Cosma Shiva pour sa fille, avant d’avoir pour fils Otis. Ses maquillages en rendrait David Bowie, période Glam, vert de jalousie.

En 1981 elle s’installe aux Etats-Unis, y devient bouddhiste et sort son premier album entièrement anglophone en 1982. Se poursuit sa carrière, entre punk, post-punk et new wave, et des albums qui rencontrent quasi toujours le succès.

Mais depuis, la punk se prostitue. Animatrice sur la chaine anglaise Sci-Fi Channel en 1998, membre du jury du Popstars allemand en 2006, elle s’habille comme une lolita gothique de 16 ans et se converti au christianisme, publie même un ouvrage pour expliquer comment elle a rencontré Dieu. Punk is dead?

Mais ne soyons pas mauvaise langue, elle sait tout de même toujours faire preuve d’originalité, prête sa voix à des groupes de rock indus allemand comme Oomph, ou aux violoncellistes d’Apocalyptica pour une reprise de Rammstein, enregistre des opéras, reprend des standards jazz, lit le conte La Reine des Neiges sur fond de Tchaikovsky, et s’apprête à sortir ce mois-ci son dernier album, Volksbeat.

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