Refused : la virulence en cris

Vous l’aurez remarqué il y a plus à la musique qu’une voix mélodieuse. Pour certains, pas question de servir de l’agréable sans proposer du fond, sans y voir aucun autre motif que le gain.

C’est le cas de Refused, ces voix pas formatées pour un grain qui donnent aux productions une densité et une force particulières. Ces voix qui ne cherchent pas à bercer, mais à éveiller, réveiller, en hurlant pour dénoncer.

Avec ses guitares énervées, une batterie lourde, des cris qui se cassent sur les aigus, le groupe Refused s’inscrit dans la toute nouvelle mouvance des années 90, le punk hardcore. Et ça fait parler. Avec quelques autres groupes de la même ville, la tendance se fait un petit nom dans le style, en tant que « Umea hardcore ».

La philosophie du naître et mourir

Comme de nombreux autres groupes de punk à la philosophie anarchiste, ce qui à fait le succès de Refused a aussi engendré leur mort musicale.

En fait, Refused porte bien son nom. Ils refusent la globalisation, ils refusent le capitalisme, ils refusent la consommation de masse. Surtout, ils refusent d’eux même en faire partie. En sept ans de carrière, ils se seront donc beaucoup fait connaître mais n’auront finalement sorti que trois albums (This Just Might Be the Truth – 1994 ; Songs to Fan the Flames of Discontent – 1996 ; The Shape of Punk to Come: A Chimerical Bombination in 12 Bursts – 1998). Non pas que le groupe soit en mal d’inspiration ou aime à économiser ses productions ! Mais sortir des albums, c’est être complice du système capitaliste et de la consommation de masse.

Transformés en idoles, élevés au rang de superstars et de génie, les membres de Refused ne se retrouvent pas dans l’image que la société de consommation a fait d’eux. Eux qui s’espéraient « le dernier clou qui servirait à sceller le cercueil de la musique populaire », les voilà – aussi radicaux soient-ils – transformés en produit de consommation. Eux, qui rêvaient d’exporter une musique intelligente et artistique, eux, symboles d’une contre-culture qui crache sur le système, les voilà assimilés  à une culture alternative inhérente à ce dernier.

En 1998, le groupe décide donc d’arrêter l’aventure. Alors qu’ils se produisent sur scène pour leur dernier concert, les autorités débarquent au bout de la quatrième chanson pour les faire taire. Refused meurt comme il a vécu, dans la rupture, dans l’affrontement, et dans les cris.

Bel et bien mort

C’est une très belle fin, pour une rubrique qui ne s’en termine pas là. Car quand on est anarchiste, anticapitaliste et jusqu’au-boutiste, en général, on en profite pour s’exprimer encore un peu.

En 2010, alors que des rumeurs de reformation du groupe circulent, les membres du groupe, alors éclatés dans leurs projets respectifs, publient un manifeste sur le site de leur ancien label, Burning Heart. Sous le nom de « Refused are fucking dead », le texte revient sur la décision du groupe de se retirer de la scène musicale.

Fidèles à eux-même, rien d’excessif, des plus délicatement exprimé : tout ce qu’ils ont à dire a été dit, dans leurs musiques/paroles/manifestes, alors maintenant ça suffit ! Qu’on les laisse faire de l’art en paix, qu’on brûle tous les photos et les articles qui parlent d’eux. Vous l’aurez compris, Refused are fucking dead, qu’on les fasse pas chier.

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