Kuduro : de l’écriture, du dur, de l’allure

Le ghetto de la capitale Angolaise ne s’habille pas uniquement de misère.

Tony Amado est un de ceux à l’avoir prouvé, quand en 1996, il crée un genre propre à l’ancienne colonie portugaise, confectionné pour les «culs durs » : le Kuduro.

Genre revendicatif au carrefour des temps

Propre au métissage culturel de l’Angola, le Kuduro associe rythmiques traditionnelles et et technologies soniques modernes.  La production musicale, totalement électronique, superpose les beats accélérés de house et de break dance aux rythmes d’un carnaval local, transpirant la samba brésilienne et percutant de percussions.

En s’essayant à ce genre nouveau, les DJ’s angolais s’amusent alors à manier savamment ces arrangements inattendus, toile de fond de textes revendicatifs scandés en Kimundo.

Pour Dog murras, figure musicale locale, l’emergence du genre s’explique par l’occupation coloniale.  « Pendant longtemps […] on nous disait de ne pas porter nos vêtements, de ne pas porter notre langue… ». Avec le Kuduro, la condition du peuple du ghetto, et par extension, du peuple angolais tout entier, est alors mise en beat. Les kuduristes s’en servent comme d’une arme pour promouvoir une culture qui a trop longtemps été bâillonnée. À chaque note, c’est la musique du peuple qui fait écho, qui parle et touche une population majoritairement analphabète.

Kuduro, fédérateur et créateur

L’universalité des propos, et le parallèle flagrant avec la situation d’autres anciennes colonies portugaises, auront amplifié le phénomène, à tel point quune quinzaine d’année après sa création, le genre a envahi la scène musicale nocturne pour le plaisir des amateurs de clubbing.

Au-delà, la culture Kuduro prend chair, essentiellement dans les anciennes colonies portugaises. La danse Kuduro accompagne désormais le rythme lascif de la musique électro-kuduro.

En France, Lucenzo, chanteur, auteur, et compositeur français, aux origines portugaises, a contribué à son développent, notamment avec le single Vem Dançar Kuduro, réalisé avec Big Ali, qui s’est placé  n°1 des clubs et n°2 du Top Singles en 2010.

Cette année, c’est une nouvelle danse urbaine angolaise qui bouscule les conventions : le Do Cambua, variante directe du Kuduro. « Faire le chien», en argot local. Le principe est simple : se déhancher en imitant les faits et gestes d’un chien. Et cela n’est pas aussi facile qu’il y paraît.

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