L’Italo-Disco, une voie synthétique

Qu’on se le dise, le disco est et reste à la mode ! On ne compte plus les productions electro qui clament leur désir de serrer fort Donna Summer ou de tirer la veste en cuir et autres moustaches des Village People.

En France, on peut citer le Milky Ways disco-krautrock de Joakim, ou encore le Flashmob disco-rave party de Vitalic, déjà cité lors de la thématique disco.

Mais, car il y a un mais, le disco est un genre foisonnant, Agathe l’avait déjà fait remarquer il y a quelques mois, qui comporte des tas de branches plus ou moins vivaces. Parmi celles-ci, il y a l’italo-disco.

A l’origine musique pour film d’horreur de série Z, ce genre musical est souvent considéré comme un sous-genre, détachée d’une disco haute en couleurs, passage inusable et obligé pour animer mariage, baptême et autres fêtes populaires.

L’italo-disco, elle, est souvent reprise mais rarement reconnue. La faute peut-être à son côté kitsch. À savoir, des boucles bien juteuses, des synthétiseurs cheesys, gonflés à l’hélium, qui traînent en longueur, et des petites mélodies qui frise le bon goût à l’italienne.

Pourquoi l’Italie d’ailleurs ? Il faut remonter au mitan des années 70, à l’époque où les productions cinématographiques italiennes sont encore doublées sans aucun moyen, c’est-à-dire qu’elles sont infâmes et ridicules.

Alors forcément, on est loin aussi de s’encombrer avec une musique bien léchée, bien mixée. Sans argent, ni de temps, il y a peu de place pour la recherche musicale.

Pour un exemple criant, il suffit d’écouter la bande-son de Planet Terror de Robert Rodriguez, ami de Quentin Tarantino, sorti en 2007, véritable western spaghetti à la sauce américaine, extraordinaire reprise des productions horrifiques-cheap des années 70. Décennie qui, sur les vinyles comme au cinéma, voit sévir le groupe de rock progressif Goblin et le cinéaste Dario Argento, tous deux italiens. Encore. Et tous deux sacrément angoissants et sanguinaires.

Alors aujourd’hui, qui mieux qu’un producteur italien, William Bottin par exemple (en vrai, il s’appelle Guglielmo), pour sortir ce style du placard avec l’album Horror Disco, curieux mélange entre italo-disco(s)mique et house music.

Pendant ce temps, le label américain Italians do it better, lui, se lèche les babines et file le grand amour avec des artistes comme le duo Glass Candy, tête de gondole d’une nouvelle génération de Giorgio Moroder un tantinet plus romantique.

Ils décantent, mettent de la subtilité dans les harmoniques, gardent les battements mais oublient les morceaux de voix venues de l’espace pour chanter. Vraiment chanter. Ca ressemble alors un peu plus à la new-wave anglaise : c’est nettement plus électronique que la disco des premiers temps.

Les mauvaises langues diront qu’ils ne font qu’injecter la fameuse rythmique synthétique et nonchalante. Qu’ils ne font que reprendre les gammes d’un Chaz Jankel par exemple, guitariste dans les années 70 avec Ian Dury & the Blockheads, groupe auteur du fameux slogan « Sex, Drugs et Rock’n’roll », avant de sortir en 81 Glad to Know You, une bien jolie pépite disco.

Au cœur du revival disco, ils tentent de redonner des lettres de noblesse à un genre qui n’en n’a que trop besoin. Ils font la preuve que toute terre est bonne à prendre tant qu’on a de l’énergie.

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