The Stooges : des chiens fous menés par un Iguane

The StoogesThe Stooges, un groupe de rock culte, connu de tous (qui n’a jamais bougé sur I Wanna Be Your Dog ou Search & Destroy ?), au succès pourtant faible. Aussi étonnant que cela puisse paraitre, les albums des Stooges ont toujours connu une défaite cuisante. Ce n’est qu’avec le récent statut de groupe culte que The Stooges bénéficient d’une notoriété sans faille. Retour sur une carrière chaotique.

Tout démarre avec Iggy Pop, né James Newell Österberg. Ayant joué adolescent dans un petit groupe nommé The Iguanas, il est surnommé l’Iguane, d’où Iggy. Sa ressemblance avec un personnage local d’Ann Harbor (Michigan) au nom de Pop lui vaudra la seconde partie de son surnom. Le personnage d’Iggy Pop était né.

The Stooges (cover)Fondés en 1967 sous l’impulsion d’Iggy Pop après avoir vu un concert des Doors, et tout d’abord appelé The Psychedelic Stooges, les futurs Stooges tout court enchaineront les petits concerts avant de sortir un premier album éponyme en 1969. Dès le départ, les bases sont posées : un son brut, crade (propre au garage rock), des expérimentations musicales (Iggy jouait parfois en live avec un aspirateur), et surtout un show totalement taré : Iggy se tartine régulièrement le corps de ketchup, de beurre de cacahuète, d’hamburger, montre son sexe, se roule dans les tessons de bouteilles lancées par le public mécontent.

Car oui, le groupe ne connait aucun succès musical à l’époque, et ne devient connu qu’à travers les frasques d’Iggy Pop. Le premier album se fait démonter par la critique de l’époque, le second, Fun House, aussi. Il faut dire que malgré leur violence scénique, The Stooges se caractérisent aussi par leur désinvolture et le côté « blasé », sans passion, de leurs chansons. Il n’y a qu’à voir la pochette pour le deviner.

Raw Power (cover)En 1972, David Bowie profite du succès de son Ziggy (Stardust) pour produire Iggy (& the Stooges). En ressort l’album Raw Power, qui pose les bases du mouvement punk à venir. Mais encore une fois, le succès commercial est tout relatif. Ce qui n’empêche pas pour autant de faire parler d’eux, puisqu’en 1974, au sein de la boite de nuit English Disco de Los Angeles, Iggy Pop improvise une pièce nommée « The Death Murder Of A Virgin » et se fait fouetter par Ron Asheton, son guitariste déguisé en officier nazi pour l’occasion, pendant qu’il chante tout en se lacérant la poitrine au couteau de cuisine. Inutile de vous dire que l’encre aura coulé tout autant que le sang ce soir-là.

The Death Murder Of A Virgin

Mais la même année, c’est la fin des Stooges, qui splittent, principalement à cause de l’addiction à l’héroïne d’Iggy. Forcément, jouer le riff de Search & Destroy pendant 15 minutes avant qu’il ne se décide à chanter, ça agace. En 75, Iggy sort de cure, et toujours soutenu par Bowie, se la joue solo dès 76 avec deux albums parus en 77 : The Idiot (cover)The Idiot et Lust For LifeLust For Life. Le premier est très Bowien, tandis que sur le second, Iggy sait d’avantage imposer son style. Néanmoins, on remarque un personnage assagi, et la pochette de Lust For Life nous ferait presque croire au gendre parfait !

De leur côté, eux, les Stooges fondent The New Order (/!\ à ne pas confondre avec le groupe anglais New Order, fondé sur les cendres de Joy Division).

En 1997, Raw Power, l’album référence des Stooges est réédité, ayant acquis au fil du temps une certaine notoriété. La première édition fut mixée par David Bowie, qui avait jugé le mixage de Pop trop bruyant et inaudible. La critique n’aura pas forcément apprécié les retouches de Bowie, et pour sa réédition, Raw Power se fait retoucher par Pop lui-même.

Entre temps, sur certains de ses albums solos, Iggy retrouve parfois ses acolytes, mais en 2003, The Stooges se réunissent, enchainent les tournées avant de sortir un nouvel album en 2007, The Weirdness. Mais 2009 marquera la mort de Ron Asheton, le guitariste originel, et le retour de James Williamson qui avait déjà remplacé Asheton à la guitare, reléguant ce dernier à la basse.

Encore aujourd’hui, malgré les années, et la peau un peu moins ferme d’Iggy, The Stooges tournent encore avec la même brutalité et la même énergie. Alors pour ceux et celles qui rêvent de voir l’Iguane se déhancher torse nu dans un pantalon moulant, rendez-vous au Cabaret Vert de Charleville Mézières le 26 août !

Iggy Pop en 2010

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Une réflexion sur “The Stooges : des chiens fous menés par un Iguane

  1. […] la programmation de cette année, pour 29€ le vendredi 26 août vous verrez, Iggy and The Stooges, Vitalic, Hatebreed, The Dø, Atari Teenage Riot, The Wombat, The Death Set, Sexy Sushi, Rock In […]

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