Ska, musique libératrice

Au beau milieu des Caraïbes : une île riche en sons, en tons, dans un paysage de bidons-villes et de tensions. Puisque la musique adoucit les mœurs – dit-on – nombreux seront les Jamaïcains, de Kingston, TrenchTown, ou d’ailleurs à se défouler sur les rythmes insulaires.

Au mento, calypso et merengue, les rares ondes radios américaines qui atteignent la colonie britannique dans les 50s ont su modeler une approche musicale bien particulière et revendicatrice des inégalités. Le Ska.

Les racines du genre

Un rythme effréné, des paroles lascives et misogynes : l’île de la Jamaïque se déhanche sur le ‘slack’. Auquel s’ajoutent les influences du nouveau continent, le rock’n’roll (avec en tête de file Little Richard et son Tutti Frutti) et le jazz. Un résultat entraînant, joyeux et novateur : le ‘shuffle’, et sa descendance directe, le ska.

Mieux comprendre les technicités du style musical

Puisque le ska puise ses influences des plus grands styles musicaux des  États-Unis, on en retrouve logiquement des traces à l’écoute. A l’instar des solos de jazz, les cuivres rythment une musique calée sur des contretemps réminiscents du R’n’B.

Mais le patrimoine insulaire n’en est pas délaissé pour autant, la quasi omniprésence de la contrebasse rappelle les fondations des musiques jamaïcaines, à savoir le merengue, la calypso et le mento.

Ce mélange culturel donne alors des morceaux instrumentaux, frénétiques, soutenus.

Le Ska, hier et aujourd’hui

Si une personne règne bien sur le mouvement ska dans les années 60, c’est Prince Buster. Entrepreneur du ska, il monte ses soundsystems, et popularise un peu plus le genre. Bientôt, toute l’Angleterre s’arrache cette musique festive, mais loin d’être triviale pour autant.

Avec le droit de vote des noirs en 1960, puis de l’indépendance de la Jamaïque en deux ans plus tard, les revendications – à la base même du discours ska – auraient pu se faire plus discrètes, mais non. Misère et violences attestent toujours des remous existants.

Pas étonnant alors que les années 80 signent le grand retour du ska en Angleterre : la dame de fer démonte un système qui marchait jusque-là assez bien. Out NHS, out justice sociale, à coups de décrets, Thatcher libéralise, libéralise, libéralise.

Un peu façon UB40, les anglais ont besoin de crier leur malaise, le chômage, la précarité, la violence – raciale surtout – (‘Vive le Front National’ criaient des milliers de skinheads fascistes). Alors ils le crient sur du ska. Jerry Dammers surtout (leader de The Specials), avec son label Two-Tone. Le damier blanc et noir (symbole paix et opposition haine raciale) est hissé haut, claque au vent, et au visage des agitateurs.

Si l’on entend toujours le ska aujourd’hui, il s’est néanmoins vu petit à petit ‘mangé’ par ses descendants directs (Reggae, Ragga, Dub, ou Jungle) mais a su survivre à travers des groupes comme The Specials, et se refaire une renommée avec Madness : le ska punk scande encore son message fédérateur sur des mélodies plus rocks, plus énervées, mais toujours avec ses cuivres et ses idéaux.

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