L’Electro-Rock : Hydre hybride

La keytar : Symbole electro-rockDans le plus pur esprit décadent qui le caractérise, le rock est encore une fois allé voir ailleurs. Parmi les diverses progénitures de ses nombreuses conquêtes, intéressons-nous ici à celui qu’il a eu avec la musique électronique, le bien et facilement nommé electro-rock.

Le rock. La musique électronique. Deux monstres mythiques du monde de la musique. Quand les deux s’associent, on obtient un être hybride, l’electro-rock, un monstre à son tour, juste un peu moins large que ses parents, mais à la descendance non moins nombreuse. La bête à deux parents a plusieurs têtes, plusieurs incarnations. Disséquons la ensemble.

Tout commence fin des années 60, avec un rock électrique qui commence à inclure des instruments électroniques, comme le theremin ou encore le moog. Le theremin, pour ceux qui l’ignorent, est un des plus vieux instruments de musique électronique, créé en 1919, et joue de la musique sans même être touché : tout se joue grâce à des fréquences électriques que la main, à distance de l’instrument, vient altérer. Moog, quant à elle, est le nom d’une société spécialisée dans la conception d’instruments de musique électroniques, des theremins en premier lieu, mais surtout des synthétiseurs élaborés. Les groupes de rock expérimental et rock progressif, surtout, se les approprient bien vite (Pink Floyd, pour ne citer qu’eux).

Décennie 70, le punk se crée et s’essouffle vite, mais un sous-genre discret né aux alentours de 78/79, le punk synthétique (ou synthpunk), où les guitares rock se troquent contre des synthétiseurs. Mais le genre gagne peu d’intérêt auprès des punks purs et durs, boudant le synthétiseur et n’envisageant pas un seul instant de quitter leurs guitares électriques. Et pourtant, dans la démarche, ce sont les synth-punks les vrais punks : ce que voulaient vraiment les punks, c’était faire fi des conventions et bouleverser la norme. Quoi, donc, de plus a-norm-al qu’un synthétiseur sur une scène punk ?

Années 80, la musique électronique est en plein boom, et la pop synthétique, ou synthpop, connait ses  heures de gloires, avec des groupes comme Depeche Mode en porte-parole. Le synthé se fait ici l’acteur principal des morceaux et devient omniprésent. 1980, c’est aussi le début de la commercialisation du Moog Liberation, autrement dit la première keytar. Encore un autre bâtard. Fille du synthétiseur (keyboard) et de la guitare, la keytar se porte autour du cou comme une guitare, se tient comme une guitare, mais se joue sur un clavier, et sonne comme un synthé. Le joueur est donc plus libre de ses mouvements, alors qu’il était figé auparavant. La rock ‘n’ roll attitude s’adapte alors au synthétiseur. Ou disons plutôt l’inverse. La keytar, en conjuguant la guitare rock, et le synthé electro, devient le symbole de l’electro-rock.

Durant les 90’s, en parallèle aux boys bands, Lou Bega ou autres Gala, grandissait le rock indus avec entre autres Nine Inch Nails ou Rammstein. Penchant péchu de la musique industrielle, le rock industriel corse ses guitares et glace ses synthés, et propose une musique violente aussi bien musicalement (les groupes de rock indus sonnent bien souvent métal) qu’à travers son imagerie. Autre branche musicale de l’époque, le Big Beat de The Prodigy ou Chemical Brothers touche aussi bien à la techno qu’au rock ou qu’à l’acid house. Alors que le rock indus fait violence à l’aide de ses guitares et de sa batterie, assaisonnées de claviers, le big beat transperce les tympans avant tout grâce à ses basses puissantes et à ses synthétiseurs bruitistes.

Désormais, années 2000, boom informatique, avec l’augmentation croissance des technologiques et la facilité d’accès à la musique électronique via n’importe quel ordinateur (il n’y a qu’à voir le dernier album de Gorillaz intégralement composé sur Ipad), ce n’est plus le rock qui se la joue electro, mais l’electro qui se fait rock. La composition est électronique, et les inspirations sont rock. Les synthétiseurs accompagnent ou remplacent les guitares, les instruments énervés font place à des machines programmées mais non moins secouées, avec ses sous-genres dance-punk, electro-punk, indietronic, electroclash, etc., etc.

L’electro-rock, c’est un genre large, qui se défini avant tout à son instrumentation et le mélange des genres opérées, mais non pas par la quantité de la présence de tel ou tel instrument. Nous l’avons dis, certains mettent plus en avant les guitares, d’autres plutôt les synthés. L’electro-rock, en soi, abrite elle-même bien d’autres sous-genres … à découvrir dans une prochaine émission Music Without Borders !

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2 réflexions sur “L’Electro-Rock : Hydre hybride

  1. Merci pour ce billet venant de L’Electro-Rock : Hydre hybride Music Without Borders j’ en attendais pas tant puis-je faire un tweet cet article https://musicwithoutborders.wordpress.com/2011/06/01/lelectro-rock-hydre-hybride ?!/ 🙂

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