Douces-amères mélodies, facture d’acid jazz

Il est grand temps de vous parler d’un genre aux sonorités décalées, au cœur de nombreuses légendes urbaines : l’acid jazz.

Un nom intrigant, en référence à l’acid house –  en plein essor dans les années 1980 et sorti tout droit de l’Ohio et de sa windy city, Chicago – comment comprendre l’acid jazz ? Est-ce la violence de l’acide, la popularité du LSD ou de l’ecstasy, ou de simples représentations cinématographiques qui confèrent au genre cette étiquette ? Réponse.

L’origine du genre ne fait pas consensus. Pour certains, la nouvelle mode des raves – ces soirées destinée à se doper à la musique et autres substances – aurait donné son nom à l’acid jazz, LSD et ecstasy comme sponsors. Pour d’autres, c’est l’agressivité du son qui justifie la comparaison du style à un élément chimique extrêmement abrasif. Pour le reste, il s’agirait du résultat d’expériences musicales, à l’image de ces films muets où le savant fou associe des produits plus instables les uns que les autres. Des éprouvettes soul, funk, disco et hip-hop, le scientifique musical mixe – comme ces bons DJs – un acide bouillonnant.

Pour tout instrument-clé un Roland TB-303, les morceaux d’acid jazz, comme ceux d’autres factures acides, se jouent des conventions et infligent à ceux qui les écoutent des vibrations extra-ordinaires. Changements de fréquence, de résonance, d’amplitude : la formation rythmique basse, guitare électrique, batterie s’associe aux cuivres pour suivre un clavier déjanté.

La musique se vit alors au rythme des expérimentations, loin de tous repères préexistants. Mais menée par une inventivité sans limites, alors que la terre entière se devait d’endurer le désert créatif des années fin-disco.

Dans la grande famille sonore de l’acid jazz, on retrouvera alors de nombreuses déclinaisons. Notamment le jazz-rap porté par US3, Urban Species ou encore Guru. Quoi qu’il en soit, jamais le groove n’y est laissé de côté. Parce qu’après tout, ce genre, « It’s a jazz thing ».

À Camden Town ou ailleurs, Belleruche, Jazzanova, Brand New Heavies ou encore Incognito font les beaux jours d’un genre décidément bien particulier.

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