La musique « indus », la réponse au « no future » du punk

Genre de musique expérimentale, mêlant rock et musique électronique, la musique industrielle est née vers la seconde moitié des 70’s, en prolongation du punk rock et inspirée des expérimentations sonores de John Cage ou Pierre Boulez.

A cette période, à force de brailler, le punk s’essouffle (forcément, puisqu’il a no future). A l’image de ses morceaux, puissants mais très courts, le punk perd vite de son impact, suite à quoi, certains groupes  vont chercher à le renouveler en visant d’avantage l’élaboration musicale et les expérimentations sonores. Le post-punk est né. La musique industrielle, elle, est un rejeton du post-punk, poussant d’avantage l’expérimentation et les bruits, pour un résultat d’avantage agressif.

 

Throbbing GristleLe terme « Musique industrielle » (bien souvent abrégé en « indus ») fut introduit par le groupe de postpunk Throbbing Gristle pour décrire leur musique qui évoquait le monde industriel froid, déshumanisé et violent dans lequel l’époque se trouvait, et dans lequel nous vivons toujours. Tandis que la démarche punk consistait à dénoncer, la musique industrielle, elle, démontre. Ce monde dont il est question est retranscrit en musique, d’où un son bien souvent agressif et dissonant, accompagné en concert d’imageries hideuses et cauchemardesques (films pornographiques, défilés nazis, etc.). La merde est agitée sous le nez du peuple, et on le force presque à en manger. Cette démarche se veut révolutionnaire, forçant ainsi l’auditeur à prendre conscience des problèmes et à penser par lui-même, en le mettant à l’épreuve sonore (bruits insoutenables, larsens, infrabasses, murs de son, etc.)

L’indus de l’époque se veut alors révolutionnaire et intellectuel, toujours dans cette démarche expérimentale (on cherche à explorer plus qu’à plaire). Parmi les grands groupes nous pouvons citer, en vrac, Cabaret Voltaire, Skinny Puppy, Current93 (début de carrière) ou encore Einsturzende Neubauten.

 

Parmi les rejetons – nombreux – de la musique industrielle, nous retrouvons l’electro-indus (plus dansante), le dark ambient (déjà évoqué lors des premières émissions MWB), mais surtout, il y a le rock indus, un des dérivés de l’indus probablement le plus populaire.

 

Nine Inch NailsLe groupe Nine Inch Nails s’inscrit parfaitement dans cette mouvance née dans les années 80, une époque où l’indus est en pleine évolution, et où le métal a de plus en plus d’adeptes. La fusion s’est alors opérée naturellement, et le rock indus était né : la construction rock s’impose aux morceaux industrielles, alors parfois dénués de tout fil directeur. Après quelques albums, NIN s’aventure même dans le métal indus, plus violent, qui donnera ensuite des rejetons polémiqués comme Marilyn Manson ou Rammstein.

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2 réflexions sur “La musique « indus », la réponse au « no future » du punk

  1. […] grandissait le rock indus avec entre autres Nine Inch Nails ou Rammstein. Penchant péchu de la musique industrielle, le rock industriel corse ses guitares et glace ses synthés, et propose une musique violente aussi […]

  2. […] la musique industrielle gardera une certaine idée de sons nouveaux, cacophonie et patchworks musicaux crasseux tel le […]

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