Tango, de métissage en métissage

Tout le monde aura déjà entendu le mot Tango. Beaucoup savent également que le Tango est une danse. Certains rajouteront même que le Tango, ça ne se limite pas aux milongas. C’est aussi un style musical. Retour sur deux syllabes qui ont traversé les siècles, les continents et les genres.

Rapide coup d’œil dans le rétroviseur. A la fin du 19ème siècle, Buenos Aires, capitale du Brésil, vibre au rythme des sexteto. Autour du bandonéon – instrument caractéristique du tango – pianos, contrebasses et violons entrainent la population rioplatense sur des pas de danse effrénés. À l’âge d’or du tango, les orchestres gonflent, passant à plus de 30 musiciens.

Un genre migrateur. Si on l’associe généralement aux chaleurs d’Amérique latine, le tango est par nature un genre métissé. Ses racines prennent aussi bien leur source dans les harmoniques européennes que dans les rythmiques latino-américaines et africaines. Le bandonéon, introduit dès 1880 par des immigrants allemands, exemplifie bien le nomadisme caractéristique du genre. Par définition, le tango emporte, mais ne se pose pas.

Il voyage aussi. Début 20ème, le genre émigre en Finlande. Renommé Finnish Tango, il dérive sur l’Europe toute entière durant l’après-guerre. Suite à la création d’un festival annuel à partir de 1985, le tango devient une véritable institution.

Una musica nueva. Dès lors, le tango prend une toute autre ampleur sur le vieux continent. D’étonnantes associations voient le jour et laissent enfin la musique s’exprimer hors des salles de bal. Dénudé, on lui ajoute l’impétuosité du jazz et la profondeur du classique. Le grand nom qui réinvente le genre : Astor Piazzolla. Plus de 170 ans après son émergence, le tango s’habille de nouvelles structures harmoniques et mélodiques. Les violons s’électrisent, les carcans traditionnels éclatent. Une ligne de basse s’invite même sur la partition, rappellant la musique baroque.

Des expérimentations d’Astor Piazzolla,  survient le renouveau. Electrotango, tango nuevo, néotango, autant de noms qui reflètent la présence scénique d’un genre jusqu’à lors considéré comme désuet. Fort de leur attirail électro, de nombreux groupes rendent alors au tango ses lettres de noblesse. Avec Gotan Project évidemment, mais aussi Tanghetto ou encore Bajofondo, le tango est bien loin de son amérique natale, mais nous livre encore une intensité débordante, sensuelle.

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